Gong Fu Cha

LE / Thés

Gong Fu Cha signifie: infuser le thé, ou prendre le thé, ou le temps du thé. C’est l’art de faire le thé.

Le Gong Fu Cha est lié au Cha-Su.

Le Cha-Su embellit le Gong Fu Cha. C’est l’art de reconnaitre un bon thé, de collectionner un ou deux services à thé agréables à voir, d’aimer utiliser une eau claire et pure pour l’infuser, de savoir quelques poèmes ou chansons ou récits se rapportant au thé et par dessus tout de savoir trouver un cadre agréable et y inviter quelques bons amis avec lesquels on se sent à l’aise, et se détendre en buvant un excellent thé que l’on aura choisi pour l’occasion.

Pour tout amateur de thé le Cha-Su est très important car le thé donne son maximum dans une ambiance paisible et un cadre harmonieux.

Nous ne connaissons pas assez les bienfaits du thé, pourtant le thé est la boisson la plus bue au monde après l’eau. Savez-vous qu’il est consommé l’équivalent de deux fois le lac Léman chaque année?

En Turquie par exemple on vous donne du thé noir dans chaque petite échoppe et en y atterrissant j’ai vu le personnel de l’aéroport monter avec un service à thé dans la cabine du pilote avant même que les voyageurs soient sorti.

Le thé n’est pas une boisson assaisonnée de citron que l’on prend quand on est malade. Il se consomme en pleine santé au contraire, car il demande l’attention de tous les sens.

C’est à l’écoute de tous les sens en effet, et en harmonie avec eux que nous apprécions pleinement le thé:

¤ La vue d’abord, qui permet de reconnaitre et apprécier les feuilles, et les choisir par leurs aspects, et qui permet également d’ôter l’eau du feu au bon moment*, grâce auquel également on se délecte de la brume légère et informe qui s’élève de la tasse ainsi que de la couleur de cette eau qui est changeante, translucide, et qui est comme un appel pour la goûter.

¤ Le toucher, qui permet de froisser les feuilles entre ses mains et de les ouvrir délicatement après l’infusion afin de voir la feuille humide, et comme presque revenue à son état originel. Qui permet également de sentir la tasse entre ses mains et sa chaleur rassurante et réconfortante.

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¤ Le son, grâce auquel on entend le craquement du feu, le sifflement de la bouilloire, le doux son de l’eau se déversant dans la théière et dans les tasses. Qui permet également de percevoir l’infime bruit des feuilles s’ouvrant et se développant dans la théière et en s’ouvrant, qui y déversent tout leur arôme.

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¤ L’odorat, grâce auquel on hume les feuilles sèches et déjà odorantes puis ces mêmes feuilles arrosées d’eau qui ont changé de texture et d’odeur, offrant un parfum délicat et puissant qui change à chaque infusion.

Seeyok - Tea tasting ( Arlette Rohmer, fondatrice des Jardins de Gaia en pleine séance de dégustation)

¤ Le goût enfin qui est le sens final, à qui il échoit de terminer la dégustation. Le sens grâce auquel on se délecte du goût de cette eau qui est versée sur les même feuilles et qui est différent à chaque infusion. Ses véhicules, la langue et la bouche, représentent la porte vers la sensation intérieure. Ce sens nous emmène naturellement vers un ressenti que l’on garde pour soi ou que l’on exprime par des mots. Ce ressenti est le stade ultime de la dégustation, c’est pour cela que nous buvons encore et toujours du thé.

Un grand maître de thé a bien défini la simplicité de l’art de faire un bon thé: « Le Thé n’est rien d’autre que ceci : Faire chauffer de l’eau, préparer le thé, et le boire convenablement. C’est tout ce qu’il vous faut savoir. »

Pourtant, cette action simple à l’extrême peut nous emmener vers des sensations inconnues et quand les conditions sont réunies, peut nous asséner un véritable choc sensoriel, et émotionnel. 

Écoutons encore un maître zen Coréen: « Dans la saveur d’une seule tasse de thé vous trouverez en définitive la vérité des 10 000 formes de l’univers. Il est difficile de rendre cette saveur par des mots ou même d’en donner le moindre aperçu ».

Bien sur nous avons là le témoignage de personnes très expérimentés dans la voie du thé, et nous ne sommes pas en mesure de voir dans une tasse d’eau chaude l’univers entier!

Sans aller si loin nous pouvons affirmer que prendre le thé offre un bref répit au milieu des agitations du monde.

Le thé est une voie quasi spirituelle car chaque élément de la préparation à la dégustation décrit plus haut a une analogie avec des éléments naturels et celui qui sait apprécier ces éléments saura en faire de même dans la nature. Il saura lier une relation intime avec chaque être vivant.

Rien ne l’exprime mieux que Sen Soshitsu, un maître de la plus longue lignée familiale de maître de thé Japonais: « Je prends un bol de thé dans mes mains. Dans sa couleur verte j’y aperçois toute la nature. Je ferme les yeux pour y contempler les collines et l’eau pure de mon cœur ».

L’art de préparer et boire le thé, au Japon s’appelle le Cha no Yu. C’est une façon extrêmement précise de préparer du thé vert (au Japon est produit 99% de thé vert). Cet art est très cérémonial, c’est la célèbre cérémonie du thé.

Cha no yu

Comme je connais trop peu cette façon de faire je n’en parlerai pas. J’apprécie néanmoins la poésie et le sens du recueillement qui s’en dégage, mais je me satisfait pleinement de l’art Chinois qui est ouvert à tous et dont la seule condition d’accès est la bonne humeur.

L’esprit du thé se cultive dans une ambiance bon enfant, plaisante, où l’on parle librement et sans gène de belles choses. Il n’y a pas de règles rigides et figées.

Passons à la pratique

Il existe une grande différence entre l’Orient et l’Occident à bien des égards. Pour le thé ces différences se situent dans la façon de le préparer.

Il est généralement admit en Occident que le thé s’infuse dans une « cuillère à thé » ou une « chaussette à thé » que l’on place dans une théière assez volumineuse. On y verse de l’eau chaude dessus puis on continue la conversation en sirotant sa tasse garnie d’une tranche de citron et d’un peu de lait. Pendant ce temps le thé s’infuse, c’est à dire jusqu’à ce que les pâtisseries soient terminées. 

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C’est une façon de faire typiquement de chez nous!

Le Gong Fu Cha privilégie plusieurs infusions de courte durée. Certaines tasses traditionnelles sont si petites qu’elles nous font penser à des tasses de dinettes pour enfant! Tout le contraire des mugs, ces grandes tasses remplies de boissons chaudes que l’on boit «  à la façon d’un bœuf assoiffé ».

Gong fu cha

Il existe une maxime Chinoise qui dit: « Le thé doit être bu souvent mais en petites quantités ». 

Il est très important, et même évident pour les connaisseurs, de faire plusieurs infusions. Il faut donc infuser des petites quantités de thés. La théière moyenne est de 3 dl. Malgré qu’il existe des manuels de thé qui nous indiquent beaucoup d’ustensiles, je vous conseille le minimum, c’est à dire:

une théière, un pot à thé, une tasse.

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Le pot est indispensable, sa place est entre la théière et les tasses, car il faut rapidement enlever le thé infusé de son eau, autrement le « mariage heureux  » de l’eau et des feuilles sera perdu.

Il existe une autre méthode, très peu utilisée chez nous, mais qui commence à faire surface chez tous les amateurs, c’est la technique du Gaiwan, ou Zhong.

gaiwan4Zhong Cette petite tasse est une théière. On peut boire dedans, en s’aidant du couvercle comme filtre, ou déverser le thé dans une autre tasse, comme le montre la 1ère photo. Cette technique permet de nombreuses infusions très courtes ( moins d’une minute) d’où l’on tire le meilleur de ses feuilles, que l’on aura choisie avec soin bien sur!

Je vous invite à assister à un atelier de dégustation à la boutique, nous verrons ensemble les façons de faire.

Si nous voulons retrouver le goût authentique du thé, il nous faut savoir le reconnaitre et le préparer convenablement. Il existe de nombreux livres sur le sujet, qui tous vous donneront le meilleur des conseils: se procurer une théière, du bon thé en feuilles, et l’infuser!

*En faisant chauffer son eau de manière traditionnelle, c’est à dire à l’aide d’une casserole posée sur le feu ou sur une plaque, il existe trois moments à repérer suivant le thé que l’on veut infuser:

_ les yeux du crabe: de petites bulles se forment au fond de la casserole. L’eau est à 70° : thé blanc

_ les yeux du tigre: les bulles se mettent à monter en nombre vers la surface. L’eau est à 80°/ 90° : thé vert 

_ les yeux du dragon: les bulles éclatent à la surface tel des yeux exorbités  d’un dragon. L’eau est à 90°/100° : thé noir, Oolong, Puerh

Sources:

Thé et Tao de John Blofeld

Divers propos de Maitre Tseng

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