Long Jing

LE / Dégustation, Thé vert, Thés

Aujourd’hui je m’attaque à un monument: le célèbre Long Jing – Puit du Dragon, le fameux « thé vert des lacs de l’Ouest » ou encore appelé « Paupière de Bouddha » .

Ce thé est certainement le plus connu en Chine, et dans le reste du monde aussi d’ailleurs. Il est cueilli avant le festival de la Claire Lumière, avant les premières pluies de Printemps, donc tôt dans l’année.

Il est dit que ce thé atteint « les hauteurs du ciel » quand il est préparé avec une eau venant de la Source des Tigres Galopants, qui se trouve dans la même région que les plantations de ce thé.

(Il est généralement admit qu’un thé doit être infusé dans de l’eau de son voisinage, mais nous ne sommes pas en Chine, je prendrai donc de l’eau d’Evian!)

Le Puit du Dragon fait référence à un miracle: Les paysans de la montagne du Pic du Lion se désolaient depuis longtemps d’une sécheresse qui sévissait dans leur région. La pluie ne venait pas malgré leurs incessantes prières.
Or un moine Taoïste errant vint à passer dans leur village. Les paysans s’empressèrent de demander au moine qu’il fasse quelque chose pour eux. Il se mit à prier et s’aperçut qu’un Dragon vivait dans une source non loin de là. Il implora donc le Dragon de faire quelque chose pour des gens si pieux. Une averse tomba aussitôt, signe de la fin certaine de la sécheresse, et du salut de leur récolte de thé! C’est en souvenir de cet heureux évènement que le thé prit ce nom.


Commençons.

Je mets 2 pincées de Lung Jing dans mon Zhong. Je fais chauffer l’eau à 75°C.
J’observe les feuilles. Elles sont grandes et toutes sont entières. Elles sont très sèches, cassantes. Elles sont aplaties comme des pétales de fleurs séchées entre les pages d’un livre. Typique de ce thé.
Belle couleur, un dégradé du vert au jaune brillant. Il y a quelques tiges.
Leur odeur est celle du foin, mon imagination me fait aller dans une étable ou une écurie. Vaches, chevaux, campagne… un thé rustique!

1ère infusion
Je remarque immédiatement des petits résidus de poussières. Je jette tout de suite cette avant-première infusion. Je fais ça très rarement, on dit qu’on lave le thé.

Je reprends.
Tout de suite apparait une note pyrogènée, une odeur délicieuse de poison frit et de brioche. Je suis plongé dans un petit déjeuner salé/sucrée. J’imagine un matin au Japon avec du poisson et du riz accompagné d’un café croissant! Ça me donne faim c’est bon signe.
La couleur est jaune orangée assez clair. Son odeur me donne une impression de verdeur.

Je goûte. Petite dominante acide mais assez rond en bouche, je dirai moelleux.
Malgré sa vivacité et son impression de jeunesse, il tient étonnamment, Je perçois un goût de poisson grillé qui tient longtemps en bouche, suivi de quelques nuances de douceur mais assez charpentées ….du miel de châtaignier?..
Ce thé, qui m’avait l’air mature, revient à sa fraicheur originelle, tout comme les feuilles qui restent dans la tasse: elles semblent reprendre vie, je les découvre sur leur branche.

2ème infusion
Pendant l’infusion: même odeur agréable de poisson frit.
Attaque clairement végétale cette fois-ci. Je sens une note de légume: une courgette cuite à la vapeur. Menthe aussi, et une note d’acide qui persiste: oseille fraiche, et un soupçon d’astringence: tige de pissenlit. Je pense aux trompettes de tiges dans lesquelles on soufflait, enfant, et qui font un son horrible.
Le goût laissé en bouche est plus court. Cette deuxième infusion est plus frivole, elle en appelle une troisième rapidement!

3ème infusion
Excellente. On passe des notes marines et pyrogènées (algues, poisson frit) à de la douceur et ceci sans aucune astringence ni acidité. Tasse très équilibrée.

4ème infusion
Deux goûts très net surgissent. L’attaque est marquée par l’apparition d’une astringence jusqu’ici inconnue, mais vite surpassée par une saveur gourmande vanille/chocolat, une saveur surprenante et qui tient en bouche. C’est très agréable comme goût. ( Aux Lausannois: je pense aux glaces de chez Blondel, la boule chocolat/pistache…)
Ce thé est définitivement intéressant.
Le poisson est terminé, le riz avec, ainsi que l’accompagnement courgette menthe oseille. En fait on en est au dessert.

Ose-je une 5ème infusion? J’ai peur d’être déçu. Et que fait on après un bon repas? Les digestifs c’est parfois risqué.

5ème infusion

On est toujours dans une boule de glace chocolat mais avec moins de sucre… Le repas est terminé, j’aurai du aller me coucher. J’ai un goût d’amertume en bouche, l’une des cinq saveurs tout de même! En fait après un bon repas, on fait une sieste et on savoure… Point trop n’en faut, c’est tout l’art de la sobre – ébriété. Mais que voulez-vous, je suis curieux!

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